Alternatives, centre de psychothérapie à Brest (Finistère)

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LA THÉRAPIE DE COUPLE EN COUPLE THÉRAPEUTIQUE
Annie COLLIOT et Bertrand SEYS


PLAN :

 l'environnement de notre activité professionnelle
 un exemple de notre pratique
 analyse théorique

INTRODUCTION GÉNÉRALE

BERTRAND

 L’objet de notre intervention est de vous faire part de notre expérience de travail en couple thérapeutique lors de thérapie de couple et de l’usage que nous faisons de deux types d'approches théoriques : la gestalt-thérapie et la thérapie systémique.

 La présentation que nous allons faire se fera en trois temps.

 Tout d’abord, nous vous présenterons le comment, pour chacun, de notre rencontre et de notre histoire professionnelle.

 Puis, nous vous parlerons d’une thérapie de couple. Nous vous présenterons pour chacun, ce qu’ont été nos perceptions des processus thérapeutiques de ce couple.

 Nous terminerons sur le comment nous nous ajustons aux cours des thérapies de couple et sur des considérations concernant l’usage simultané de la gestalt-thérapie et de la thérapie systémique.

L'ENVIRONNEMENT DE NOTRE ACTIVITE PROFESSIONNELLE

AVANT DE SE RENCONTRER

ANNIE

 En 1984, je fais une formation à la thérapie familiale systémique. Je travaille avec des enfants et des familles. Je suis en supervision avec Jean Pierre Cosquéric qui a une double formation, systémique et gestaltiste. Je me rends compte que dans sa façon de superviser il ne fait pas référence qu'aux modèles systémique. An bout d’un certain temps, je lui pose des questions, et il me parle de la gestalt-thérapie.

 En 1991, je commence une formation à la gestalt-thérapie à l’Institut Nantais de Gestalt.

 J’ai aussi travaillé au Centre du Couple et de la Famille à Quimper.

BERTRAND

 Ma formation en gestalt-thérapie commence en 1989 à l’Institut de Gestalt de Grenoble et se termine en 1995 à l’Institut Français de Gestalt-Thérapie.

 Mes débuts de psychothérapeute :
 Je commence (doucement) en 1993 en même temps que la formation en troisième cycle à l’IFGT. Au fil du temps je change de lieu, sans vraiment trouver ce qui me convient, ni des collègues avec qui travailler.

 Mes autres évolutions professionnelles :
 En 1990, je m’installe à Brest et travail dans l’équipe de direction d’une école d’ingénieur en télécommunications. En 1994, je change de poste, quitte le "pouvoir", et redeviens enseignant dans cette même école. Je suis dans la perspective de me dégager du temps et de la disponibilité pour m’orienter vers l’activité de psychothérapeute.

 Mes préoccupations théoriques :
 Economiste d’origine, je m’intéresse aux systèmes économiques et sociaux. Travaillant dans le domaine des télécommunications je suis en contact avec les notions de systèmes de télécommunication et leurs interactions sur les systèmes organisationnels et décisionnels humains. Ma formation de gestalt-thérapeute me pousse à me poser des questions sur la perception des systèmes, sur la subjectivité de leur représentation.

 Fin 1996, j’ai envie de passer "à autre chose".
 En 1995 mon activité de psychothérapeute augmente un peu, et en 1996, je perçois que cette activité va devenir bénéficiaire.
 J’ai envie de passer à autre chose et à sortir de la "clandestinité" fiscale.
 J’écris à l’Institut Nantais de Gestalt pour rentrer en contact avec des gestaltistes près de chez moi (s’il y en a).

 LA RENCONTRE

ANNIE

 Un jour je reçois un courrier de l’ING m’informant qu’un gestalt-thérapeute cherche des contacts dans la région. Je téléphone. Je me rends compte qu’il habite à 20 kilomètres de chez moi. Nous nous donnons rendez-vous dans un bar à vin de Brest avec le bouquin de Perls comme signe de reconnaissance.

 Nos discutons, le courant passe bien. Je me rends compte que nous somme tous les deux dans la même dynamique du désir de s’installer.

 Petit à petit nous allons envisager d’être colocataire puis de travailler ensemble dans des thérapies de couple et de famille.

BERTRAND

 Lors de notre première rencontre dans un bar à vin de Brest, je suis « séduit ». Je la trouve jolie avec un contact rapide et sympa. Sa formation en thérapie familiale m’intéresse, ainsi que ses projets de thérapie de couple et de famille. De plus, même si nos environnements professionnels sont différents, il y a un désir pour chacun de changement et de s’orienter vers une activité professionnelle de psychothérapeute.

 Après quelques rencontres mes projections concernant Annie sont :
  + "elle n’a pas les deux pieds dans le même sabot",
  + l’administration, elle connaît,
  + la comptabilité aussi.

 De notre rencontre naît un projet :"Alternatives". Nous créons une société civile qui va nous servir de cadre pour développer chacun une clientèle individuelle et de réaliser ensemble des thérapies de couple et de famille.

 Notre premier couple sera le couple Claude et Alice MARTIN. Nous allons maintenant vous parler chacun de nos perceptions de la relation thérapeutique.

UN EXEMPLE DE NOTRE PRATIQUE

LE COUPLE MARTIN

ANNIE

 Il s’agit d’un couple envoyé par un médecin psychiatre qui me connaît. Il arrive au cabinet avec le « diagnostic » suivant : « votre couple n’existe pas ».

 Monsieur et Madame ne sont pas d’accord, revendiquent d’emblée « être un couple » et définissent leurs problèmes ainsi :

· Pour Monsieur, il y a des crises dans le couple -crises qu’il ne gère pas et dont l’intensité lui fait peur.
· Madame se présente comme « membre symptomatique » (malade psychologiquement avec long suivi thérapeutique) et fait référence à des maladies mentales transgénérationnelles.

 Qu’attendent-ils d’un travail thérapeutique de couple ?

· Monsieur dans un niveau logique et plutôt linéaire (ingénieur) veut comprendre qu’est ce qui se passe et le pourquoi afin d’aboutir à l’annulation du symptôme (diagnostic-bilan-évaluation).
· Madame ne veut pas porter seule le problème, il y a une part qui revient à son marie. Son autre préoccupation est d’arrêter cette chaîne d’un membre symptomatique dans chaque génération.

 Ce couple se présente, me semble-t-il, plutôt comme « visiteur » dans un premier temps (c’est-à-dire qu’il énonce un problème ce qui ne veut pas dire qu’il désire le changement) puis comme « acheteur » (c’est-à-dire qu’il achète le changement et donc est prêt à faire des choses pour celui-ci).

 Cette transition s’est effectuée lors du passage du pourquoi au comment malgré les résistances massives de Monsieur.

 Au fur et à mesure du travail, il y a progression dans les contextes.

 Un contexte d’attente (l’objectif n’est pas le changement mais des requêtes) évolue vers un contexte d’adaptation (obéissance, recherche de solutions, résolution des comportements) puis de coopération (coopération pour un même objectif) pour aboutir au contexte thérapeutique (promotion du changement).

 Afin de permettre ces évolutions, nous mettons en place des apprentissages où en permettant essais, erreurs, il y a un saut créatif qui génère du changement.

 La difficulté majeure a été de passer du contexte d’adaptation au contexte thérapeutique. Ceci a nécessité la création de lien, voire d’affiliation avec Monsieur et Madame pour créer ce contexte thérapeutique.

 Un autre écueil a été de travailler avec pour définition « un couple avec un membre symptomatique ».

 Il est difficile d’impliquer Monsieur (présenté comme partenaire sain) et d’obtenir son aide et sa collaboration. Il est peu disposé en séance à se présenter comme impliqué dans le problème relationnel du couple.

 Nous avons donc travaillé d’abord sur la disparition du symptôme (la crise) pour aller vers la solution des autres problèmes. Ceci m’est apparu pertinent pour obtenir l’autorisation d’élargir le contexte (couple) à l’exploration des familles d’origines.

 Je pose en effet l’hypothèse qu’un certain nombre de relations dysfonctionnelles avec chacune de leurs familles d’origines entretient « leur symptôme » et scotomise les relations qu’ils ont entre eux, ce qui provoque la frustration, voire une certaine faillite affective de leur mariage.

 C’est bien de cette frustration que dérive l’incapacité de Monsieur et Madame à se situer à un même niveau pour discuter ensemble de leurs divergences de couple.

 Dans cette situation, nous avons essayé de montrer à Madame (membre symptomatique) que son attente exagérée par rapport à sa famille d’origine s’est transformée en une attente exagérée par rapport à son mariage.

 Pour ce faire, nous avons travaillé sur leurs génogrames et leurs cartes familiales.

 Le travail du génograme s’est réalisé sur trois générations. Notre objectif était, en portant attention aux relations avec les familles d’origines, de voir et de comprendre les comportements a priori inexplicables au niveau du couple.

 Ainsi nous découvrons que l’un et l’autre ont été, voire sont, toujours peu intéressants pour leurs familles, que l’un et l’autre ont eu peu de dialogue, peu de confirmation et que la seule différence entre le mari et la femme est que cette dernière n’a pas encore renoncé à renverser cette situation.

 Elle cherche toujours de nouveaux mouvements, bien qu’ils se soient démontrés « ruineux », pour passer ensuite à des sentiments de culpabilité.

 Leurs cartes familiales sont une représentation du système à un moment donné (la carte n’est pas le territoire).

 Cet instrument (outil) « diagnostic » met en évidence des pistes pour :

à Repérer par qui passer pour arriver à quelqu’un d’autre
à Poser des hypothèses préalables à l’intervention
à Bâtir et poser des hypothèses d’intervention
en tenant compte de la définition des relations, leur intensité et les types de frontières...

 Puis nous avons travaillé sur la communication au sein du couple à partir du mythe de leur couple.

· Le mythe individuel de chacun, qui est le résultat tant de son vécu émotionnel envers la famille d’origine et de l’héritage qui en découle, que de la complexité de ses propres expériences de vie.
· L’histoire du couple en rapport avec les étapes évolutives qu’il a réalisées.
· L’histoire de la famille d’origine de chacun dont découle, comme cité plus haut, un héritage de croyances et de comportements consécutifs qui influencent profondément la vision de la réalité de chacun et les relations qu’il établit à l’intérieur de son propre couple.

 Ces représentations mythiques jouent un rôle essentiel, parce qu’elles sont le carrefour entre le passé, les familles d’origines dont on doit se détacher avec plus ou moins de souffrance, et l’avenir à travers la filiation.

 Le mythe peut entrer en crise dans certaines phases du cycle vital du couple particulièrement dans les moments de passage d’une phase à l’autre du cycle évolutif quand les transformations sont nécessaires pour s’adapter aux exigences de la nouvelle phase de vie.

 Pour la situation du couple concerné, il s’agit du désir du deuxième enfant : le symptôme « Crise » semble être un écho à cette transition.

 Dans le travail sur le processus de communication dans ce couple (passage du pourquoi au comment), il paraît à Monsieur et Madame que lorsque la communication s’interrompt, leur relation étant duelle, le malheur doit s’imputer à l’un ou à l’autre.

 Nous avons tenté de les éclairer sur le système couple qui est composé de « Moi + Toi + Nous », le Nous étant la relation établie entre eux. Ce tiers, vrai coupable, véritable malade, leur échappe régulièrement pour revenir au Moi et au Toi.

 Nous avons travaillé sur leur système relationnel, c’est-à-dire sur l’ensemble des éléments (mari et femme), leurs attributs (c’est-à-dire leurs particularités, caractéristiques personnelles) et les relations entre ces éléments et leurs attributs, c’est-à-dire les liens qui maintiennent l’unité de ce système (amour, rapports conjugaux, intérêts économiques, etc...), ceci à partir de la théorie de la communication.

 Ce travail a permis de repérer leur malentendu conjugal. Comment mari et femme s’adressent à l’autre non pas tel que ce dernier prétend être mais à un individu issu de son imagination.
 

 BERTRAND

 En ce qui me concerne, le couple Martin, est ma première thérapie de couple, c’est la première fois que je vais travailler avec Annie. Je me sens tendu. Il est clair pour moi, que c’est Annie qui "mènera le travail".

 Lui m’apparaît comme grand-gros-ventru à l’air sympathique. Ingénieur, dans sa façon de poser les problèmes, je reconnais bien le milieu professionnel dans lequel je travail.
 Elle, c’est une petite ronde au visage plein de tics. Elle est puéricultrice. Elle se présente d’emblée comme malade, "ayant des problèmes" et en ayant "ras le bol" d’être la seule à afficher ses problèmes. Au fur et à mesure qu’elle s’exprime "arrivent" dans le cabinet sa famille sur trois générations et celle de son mari. Il est question de secret et de mensonge.

 Monsieur parle plus particulièrement de sa mère dépressive et du fait qu’il était amené à la soigner.
 Si madame parle facilement de ses émotions et de son ressenti, monsieur, lui ne sent rien.

 Je perçois "les crises" comme répétitions de mécanisme de survie. Il y a de la souffrance, mais chacun y trouve son compte et évite le contact avec l’autre.
Je ne suis pas persuadé qu’une thérapie de couple soit nécessaire. Peut-être un accompagnement pendant que chacun fait une psychothérapie individuelle. Cependant je me laisse convaincre par Annie qu’il y a prescription pour une thérapie de couple.

 Un premier temps de la thérapie sera le travail sur la prise de conscience pour chacun du comment des crises. Le premier niveau de prise de consciences sera un travail sur les projections que chacun fait sur l’autre (avez-vous vérifié que ...) et les introjections.

 Un second temps de la thérapie sera sur la prise en compte des répétitions des mécanismes connus des structures familiales d’origines sur la famille actuelle. Nous nous servirons des génogrammes et des cartes familiales. Les histoires de chacun sont connues. Il n’y aura pas de grande découverte, mais se sera l’occasion de travail émotionnel de compassion mutuelle dans l'ici et maintenant de la situation. Il favorisera la poursuite du travail sur les projections.

 Paradoxalement, alors que les crises avaient tendance à diminuer et que le système relationnel était mieux vécu, les crises reviennent et monsieur exprime de l’angoisse. Est posé par le couple Martin la question des psychothérapies individuelles. Cette fois-ci, j’interprète cette demande comme une fuite dans le contact dans le couple. D’un autre côté, j'entends bien la demande que chacun a à travailler des aspects particuliers de sa propre problématique.

 Nous entrons dans une période de thérapie individuelle en couple. Pendant plusieurs séances, alternativement, nous travaillerons plutôt avec madame ou avec monsieur en ressituant ces phases dans le cadre de la thérapie de couple. Les thèmes de la sexualité, de la confiance, de la sécurité, de la maternité seront abordé.

 La fin de la relation thérapeutique arrivera lorsque madame nous annoncera qu’elle est enceinte, qu’elle a pris la décision de reprendre une psychothérapie individuelle avec le médecin psychiatre qui nous avait adressé le couple.

 Monsieur nomme clairement ses résistances à aller visiter certaines parties de lui-même.

 Le couple Martin me semble vivant, dans le contact de l’un de l’autre.

NOTRE AJUSTEMENT

ANNIE

 En prenant du recul sur notre façon de travailler, nous constatons qu’un rituel c’est mis en place.
 Les séances sont ponctuées, en général après 40 minutes, par une interruption pendant laquelle nous nous retrouvons, Bertrand et moi, dans un bureau voisin.
 Dans une première phase nous nous laissons aller à nos résonances(ils sont ..., ils me ...)
 Dans une seconde phase nous échangeons nos représentations. Nous sommes dans l’écoute de l’autre, l’échange. Moi je suis plus spontanément dans l’analyse des interactions, Bertrand plutôt dans la perception du couple.
Puis nous passons dans une phase la mise en place de propositions et enfin dans la mise en place d’une formulation d’une conclusion de séance

 Pendant les séances il nous arrive de vérifier auprès de l’autre la pertinence de notre perception.

ANALYSE THEORIQUE

GESTALT-THÉRAPIE ET SYSTÉMIQUE

BERTRAND

 Nous proposons de faire la distinction entre outils et théories. Ceux-ci peuvent être décorélés entre eux.

 # les outils peuvent être liés à :
  + des habitudes de formation. Lors de notre apprentissage de
  psychothérapeute nous avons rencontré, été suivie par des formateurs
  qui ont leurs habitudes, leurs outils avec lesquels ils « jouent »
  volontiers. Ainsi lors de ma formation avec Jean-Marie Delacroix j’ai eu
  l’occasion de participer et de le voir utiliser les techniques de
  psychodrame. Ce n’était pas une formation au psychodrame (au sens
  de Moreno) mais l’usage d’un outil particulier dans le cadre de la
  gestalt-thérapie. C’est aujourd’hui un outil qui fait parti de ma
  « palette ».
  + une théorie mais avoir des usages dans un autre cadre théorique.
  Les cartes familiales et génogrammes par exemple, qui sont issues
  des thérapies familiales systémiques. Dans l'ici et maintenant de la
  relation thérapeutique en gestalt-thérapie, ils peuvent être parfaitement
  utilisés.

 # les théories posent un problème de cohérence. Elles peuvent être utilisées dans des cadres différents ou simultanément. Dans ce dernier cas il faut nous interroger sur les cohérences conceptuelles des modèles théoriques.

 Dans le cadre des thérapies de couple et de famille, nous intervenons avec les concepts de la gestalt-thérapie et de la thérapie systémique. Il nous faut donc nous interroger sur la pertinence de cette double utilisation.

 Théorie du champ et théorie des systèmes
 La gestalt-thérapie développe une théorie du champ. Elle permet de modéliser ce qui se passe à la frontière contact du psychothérapeute, ses ressentis, perceptions, interprétations et représentations.
 La systémique développe la modélisation des relations dans un environnement. Elle permet de représenter, décrire sous différentes formes les structures, mode de fonctionnement, et développement génétique d’un groupe humain dans son environnement. Il y a dans la systémique une théorie du champ. Elle est explicitement nommée (voir Le Moigne) mais elle n'est quasiment jamais développée (sauf par Moni Elkaïm).

 De notre point de vue, il y a une complémentarité entre la Gestalt-Thérapie et la systémique. C’est la compréhension sous deux aspects différents d’un même phénomène. La systémique décrit les relations (extérieures à l’observateur), la Gestalt-Thérapie le contact, du point de vue de celui qui le vit.

 L’histoire des développements de la gestalt-thérapie et de la systémique, bien que souvent parallèle montre un certain nombre de « ponts » que nous retrouvons entre les concepts systémiques et gestaltistes. Nous nous proposons de prendre les bases de la théorie des systèmes pour les confronter en terme de cohérence avec la théorie de la gestalt-thérapie.

 # Le paradigme sur le tout et les parties
 C’est le paradigme central de la systémique. Il peut se résumer ainsi : le tout est différent de la somme des parties et "le tout est dans la partie qui est dans le tout"
 # Les quatre préceptes
  * précepte de pertinence : l’objet (la personne, la famille, le groupe...)
  considéré se définit par rapport aux intentions implicites et explicites du
  modélisateur (psychothérapeute).
  * précepte de globalisme : considérer l’objet comme une partie
  immergée et active au sein d’un plus grand tout (l’environnement). Le
  percevoir d’abord globalement dans sa relation fonctionnelle avec son
  environnement.
  * précepte téléologique : interpréter l’objet par son comportement et les
  ressources qu’il mobilise par rapport aux projets (psychothérapie) que
  le modélisateur attribue à l’objet.
  * précepte de l’agrégativité : convenir que toute représentation est
  partisane et exclure l’illusoire objectivité d’un recensement exhaustif
  des éléments à considérer.

 Nous pouvons constater que le paradigme et les préceptes sont incluent ou ne sont pas contradictoires avec la théorie du champ. Il n’y a donc pas par principe de contradiction entre la Théorie des Systèmes et la gestalt-thérapie. Certes cette démonstration aujourd’hui est un peu rapide, mais montre que sur le fond la perception, l’analyse et l’intervention suivant les modèles gestaltiste et systémique ne sont pas contradictoires.

 Notre expérience, en particulier lorsque faisons des thérapies de couple, est cohérente et intégrée. Elle nous montre que ces deux approches sont complémentaires. La systémique nous fournis les outils de compréhension et de modélisation des systèmes relationnels du couple ; la gestalt-thérapie modélise notre perception du système, chacune développant ses outils particuliers d’intervention.
 Ce que nous pouvons constater aussi, c’est comment (pour l’instant) notre formation d’origine est prégnante dans nos approches des couples. Annie à plus spontanément une approche et une vision « système », alors que je me sens d’abord « gestalt ».
 Il est donc question des cohérences entre théories et outils dans notre pratique, mais aussi comment chacun, par ses expériences de formation et professionnelles intègre et organise concepts, méthodes et outils.