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Alternatives, centre de psychothérapie à Brest (Finistère) |
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SCIENCES HUMAINES
/ SCIENCES DE LA NATURE :
Bertrand SEYS
FORMATIONS HUMAINES : DES DEMANDES ET DES CONTENUS HETEROGENES A la fin des années 80 le problème de la formation
en sciences humaines fait son entrée dans les Grandes Ecoles d'ingénieurs.
Elle est abordée suivant les cas et les modes par l'intermédiaire
de formation à la communication, humanité, culture générale,
éthique. Cette demande de formation se décompose en trois
types qui se regroupent partiellement.
Ce qui est commun à ces trois types de demande, c’est la déconnexion des "formations humaines" par rapport aux formations traditionnelles des ingénieurs. Il s’agit de formations "autres", de formation "en plus". Ce qui n’est pas abordé, c’est en quoi les différentes disciplines regroupées sous l’appellation "sciences humaines" peuvent être comprises comme faisant partie des savoirs et savoir-faire des ingénieurs. C’est à dire comme étant nécessaire dans la formation professionnelle des élèves ingénieurs. Nous verrons que conceptuellement la dichotomie sciences humaines/sciences
de la nature est artificielle. Nous constaterons que la complexification
des sciences et techniques de l'ingénieur et leurs imbrications
croissantes dans les organisations humaines impliquent que les sciences
humaines fassent partie intégrante de la formation scientifique
et technique des ingénieurs.
SCIENCES HUMAINES/SCIENCES DE LA NATURE : UNE DICHOTOMIE ARTIFICIELLE Les sciences humaines sont liées aux sciences de la nature
et inversement.
Les sciences de la nature et les sciences de l'ingénieur ne sont pas indépendantes de la représentation que nous avons de nous-mêmes et de nous-mêmes dans le monde et dans l'univers. Le rationalisme cartésien véhicule une série de représentation de ce qu’est l’homme, de son autonomie de pensée et de l’organisation de celle-ci, et de sa relation à Dieu. Ces représentations sont en rupture avec les conceptions idéologiques de son époque. Ces représentations, qui ont produit "La Méthode", ont structuré les sciences et permis l’accroissement extraordinaire de nos connaissances scientifiques et techniques. De même, les développements récents de la systémique sont l’élaboration de nouvelles conceptions de l’homme en tant qu’observateur de son environnement physique et humain. Les paradigmes systémiques sont en ruptures par rapport aux paradigmes cartésiens et permettent une autre représentation du monde et donc de la recherche scientifique. Cela signifie que conceptuellement la dichotomie sciences de la
nature/sciences humaines, souvent caricaturée par les termes sciences
dures/sciences molles, n'a pas lieu d'être et que la dévalorisation
de l'une est forcément la dévalorisation de l'autre. Il n’y
a pas non plus d’effet causaliste de l’une à l’autre. Il y a une
relation dialectique entre sciences de la nature et sciences humaines,
l’une avançant avec l’autre. Nous pourrions retrouver cette même
relation dialectique entre "sciences" et "techniques".
PENSER LES FORMATIONS EN SCIENCES HUMAINES EN TERME DE NECESSITE PROFESSIONNELLE Les considérations du paragraphe précédent ne doivent pas être comprises que comme un développement théorique. Ainsi, elles ont des répercussions pratiques sur la formation des ingénieurs. La complexification des sciences et techniques de l'ingénieur
et son imbrication croissante dans les organisations humaines impliquent
que les sciences humaines font partie intégrante de la formation
scientifique et technique des ingénieurs.
Dans ce cadre, les sciences humaines perdent leurs côtés
"anecdotiques" ou seulement opératoires et/ou comportementalistes.
Elles ont leurs places et leurs cohérences dans les processus de
formation. Dans le cas des formations d’ingénieurs télécoms,
il nous semble qu’une formation de base en sociologie et psychologie de
la communication soit nécessaire. Cette formation doit permettre
aux ingénieurs télécoms d’analyser les pratiques de
communication et d’intégrer :
LA FORMATION HUMAINE : TROIS NIVEAUX LOGIQUES En reprenant les différents types de demande en "formation humaine" et ce que nous avons développé ici, nous pensons qu’il serait souhaitable de faire la distinction entre trois niveaux logiques. PREMIER NIVEAU LOGIQUE : "COMMUNICATION". Il s’agit de l’apprentissage de capacités professionnelles qui sont de l’ordre du relationnel. Savoir s’exprimer par écrit et par oral, travailler en équipe, négocier, animer des réunions, lire et comprendre les enjeux psychologiques et sociologiques des jeux organisationnels sont des capacités nécessaires aux ingénieurs. DEUXIEME NIVEAU LOGIQUE : "CULTURE GENERALE". Il nous faut offrir aux étudiants la possibilité d’un épanouissement intellectuel et moral. Cet épanouissement peut se faire par l’accès à des disciplines et connaissances qui s’originent dans les sciences humaines. En raison de leur passé scolaire nos élèves ont le plus souvent minoré l’importance de ces disciplines. En particulier, l’histoire des sciences et des techniques peut donner des connaissances qui vont aider l’élève à relativiser ce qu’il apprend et à se ressituer dans un environnement plus large. TROISIEME NIVEAU LOGIQUE : "SCIENCES HUMAINES INTEGREES". C’est ce que nous avons développé dans cette communication. Il s’agit d’une formation professionnelle qui participe à donner les compétences professionnelles scientifiques et techniques à nos élèves. Ces disciplines issues des sciences humaines ont leur place, toute leur place au côté et avec les sciences et techniques habituellement enseignées dans les écoles d’ingénieur. Si les deux premiers niveaux logiques peuvent être considérés comme un tronc commun aux écoles d’ingénieur qui les développent suivant leur particularité, le troisième doit être particulier aux devenirs professionnels des élèves de chacune des écoles. Enfin, nous voudrions souligner, sans le développer, que l’intégration des sciences humaines dans les cursus de formation des élèves ingénieurs ne signifie pas que les méthodologies de recherche et de pédagogie soient semblables avec les sciences de la nature. En particuliers les modélisations en sciences humaines ne sont pas réductibles à la mathématisation... mais c’est un autre débat. PRESENTATION DE L'AUTEUR : BERTRAND SEYS Enseignant-chercheur au département Economie et Sciences Humaines
de Télécom-Bretagne,
Economiste (DEA d'Economie Industrielle de Paris XIII)
Interventions réalisées et prévues en 1996 :
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